Adriana Faranda délaisse peu à peu sa fille, qu’elle élève seule, pour se consacrer pleinement à la lutte armée aux côtés de son nouveau compagnon Valerio Morucci, membre important des Brigades rouges. Elle participe dans l’ombre à l’"opération Fritz" qui conduit à l’enlèvement d’Aldo Moro, puis assure la liaison entre ses geôliers et le monde extérieur. Mais la décision de rendre publique les lettres de Moro marque le début de son désaccord avec ses camarades de lutte. Questionnant leur conception de la révolution, elle milite au sein de son groupe pour la libération de l'homme politique.
Déroulant comme une tragédie ce moment de 1978 où bascule l’histoire italienne, le cinéaste Marco Bellocchio (Le traître, Vincere...) réalise sa première série pour explorer dans toute son ampleur l’affaire Aldo Moro, qui lui avait inspiré il y a vingt ans le film Buongiorno, notte. L’affaire est celui d’un politicien italien, ex-président du conseil national, Aldo Moto est le président du parti Démocratie chrétienne. Ce parti est devenu une cible pour les terroristes d’extrêmes droit comme de gauche et notamment des Brigades rouges. À l’origine, le film suivait Giovanni, un militant politique italien emprisonné pour ses activités politiques qui, une fois libéré, lutte pour retrouver sa place dans la société. Cette fois-ci avec la série Esterno Notte, plusieurs points de vue retraceront et analyseront l’enchaînement des causes et des effets qui a conduit à une mort absurde, signant autant l’échec du gouvernement que celui de l’action terroriste.
Il est considéré comme l'un des chefs-d'œuvre de Bellocchio qui a été loué de toute part, alors c’était naturel pour le cinéaste de revisiter l’un de ses titres phares. Bellocchio filme cette histoire comme une tragédie, doublée d’un récit d’espionnage où chaque personnage apparaît dans sa profondeur. De la vie politique fortement intriquée avec l’entourage papal, au fil rouge de mouvement nationaliste, Esterno Notte se laisse le temps de construire une intrigue et de montrer les enjeux qu’est la personnalité d’Aldo Moro. Avec sa caméra, Bellochio n’essaye pas de faire un documentaire historique mais se permet évidemment une liberté artistique.
Le créateur nous explique ici la liberté permise dans le format sériel, et comment ce revival a pu avoir lieu. La VF est disponible sur le lecteur radio.